07.14.07

Seducere

Posted in Le presse citron at 7:29 am by Azza

 

Un petit condensé paru sur un hors série du nouvel observateur de juillet 2001, avec un role de premier ordre dans le jeu social, la Séduction.

 

 

 

 

 

 

 

La tyrannie de l’ego.

 

Quelle image souhaitons nous offrir aux autres ? c’est la question la plus fondamentale de l’identité, contrairement au passé, l’identité était figée dans la sphère sociale et l’objectif était de tenir son rang pour correspondre le plus possible aux attentes.
Aujourd’hui, elle est définie par le sujet lui-même et dans cette bataille de tous les instants, qui nécessite un travail sur soi permanent nous assistons à une compétition généralisée; que serait l’arme de séduction pour l’intérêt, ou plus basique, la simple attention, cette séduction identitaire tend à faire accepter une certaine image de soi pour forger l’idéal que l’on renvoie en renforçant l’estime de soi à travers le regard de l’autre. Dans cette Mimêsis, plus l’interaction est brève, plus la caricature et la réduction est forte, même après des années de mariage, le conjoint est toujours perçu et enfermé par la catégorisation de l’image qu’il offre de lui. La séduction serait en somme une tyrannie de l’effort parce qu’elle génère fatigues et angoisses, mais aussi [parce qu’il ne faut surtout pas oublier le revers de la médaille] un bonheur, car elle nous amène aussi à exprimer ce qu’il y a de meilleur en nous.

 

 

 

La séduction.

 

Séduire “seducere” (tirer à l’écart) en opposition à “conducere” (conduire ensemble), la séduction consiste à attirer à soi, amener vers un ailleurs pour y tisser des résonances intimes, comme pour ramener à sa propre énigme et se revêtir de sa dimension animale ou sensuelle aussi bien que spirituelle, qui ouvrirait au mystère et à l’altérité. La séduction suppose aussi la capacité d’offrande de soi au monde qui fait d’elle d’être perçu comme une chose sacrée par laquelle on se laisserait volontiers happer par le mystère de l’autre, dans ce qui serait l’émanation la plus raffiné de la culture.
Ce qui nous séduit dans l’autre, c’est qu’il est le lieu de votre secret, le lieu de ce qui vous échappe, par ou vous vous échappez, et échapper à votre propre vérité. Non pas le lieu du désir mais celui du vertige à l’endroit ou ce produit l’éclipse (apparition / disparition) dans la présence de l’autre par laquelle nous nous absentons de notre propre vide.
Le pire que l’on puisse redouter dans la séduction ce serait justement la perte du sens de ce même mystère.

 

 

 

Le séducteur, la séductrice.

 

La volonté de séduire c’est-à-dire de dominer par désir d’appropriation de l’autre, car bien souvent ce n’est jamais innocent, séduire comme pour investir un lieu en conquérant.
Mais qui le sait ? Pour être de ceux là, il vous faudra renoncer au secret, à la pudeur quitte à piller sa propre intériorité dans la peur panique qu’est la fuite dans le paraître et feras tombé inévitablement dans l’excès que serait le gaspillage de soi, vous laissera un goût amer dans la bouche, de l’échec dans la construction du scénario que le beau parleur façonne et vomi. La modernité du spectacle a fait de nous des séducteurs par obligation au travers du règne de la transparence généralisé, à tout cela on devrait dire non, préférer le calme et l’indifférence de ceux qui se moquent de séduire, et qui grâce à ça, séduisent.

 

 

04.12.07

La nature humaine

Posted in Le presse citron at 4:27 am by Azza

 

 


Etendard pourri du fatalisme et de la réaction.

 

Qu’ils sont nombreux et laids, ces ternes lieux communs qui servent d’ersatz de conscience politique, de substitut de pensée à ceux qui ont peur du changement, et qui tiennent lieu de prétexte à ceux qui ont tout intérêt à ce que les autres ne pensent pas !

En plongeant une main dégoûtée dans le sac à vomi [1] des idées-qui-n’en-sont-pas, on trouve - comble de bonheur ! - soigneusement rangé entre “les abstentionnistes font le jeu du FN” et “de toutes façons, y’aura toujours des pauvres et des riches” le non moins célèbre ” l’Homme est pourri, c’est la nature qui veut ça, et t’y changeras que dalle avec tes p’tits papiers à la con, pôv’ blaireau…“.

Ha !

Implacable argument qui claque dans ta petite gueule d’anarcho de merde, et qui laisse flotter derrière lui une odeur fétide. Ca sent le fatalisme stérile, l’aigreur. Ca sent la peur de prendre son futur en main. « Ca sent la trouille, Rémi ! » [2]

Pourtant, le futur que tu avais habilement suggéré à ton interlocuteur (après lui avoir copieusement bourré la gueule pour qu’enfin, il t’écoute) il avait pas l’air dégueulasse, ça l’avait même laissé rêveur : des histoires de « décider-tous-ensemble-de ce-qu’on-va-faire », des… « machins générales », là, et pis, « plus de misère, plus de patron qui t’aboie sur la gueule », « des oiseaux qui chantent et des femmes qui courent nues dans les champs »… (Il faut parfois savoir user de rhétorique pour parvenir à ses fins). Mais soudain, alors que tu t’apprêtais à lui pleurer doucement dans les bras en l’appelant « compagnon », et à lui agrafer une étoile noire et rouge sur son bleu d’ouvrier, voila qu’il est pris d’un sursaut d’effroi qui étouffe en lui toute velléité révolutionnaire :

“Mais t’es pas bien, ta ! L’Homme, il est mauvais ! C’est dans sa nature ! Y’aura toujours des guerres, du fric et des gens qui veulent le pouvoir ! ” [3]

Et merde. Le con.

“Mais si, ’tain, r’gard’ Jeanine et Maurice, y sont d’accord avec moi ! Même le mec à la télé, là ! Même le pape ! Même le martien que j’ai croisé hier soir en rentrant du bistrot, y’m’l’a dit !“… [3]

Et pour cause.

Voici le résultat des efforts conjugués des profiteurs, des médias qui distillent leur soupe empoisonnée, des philosophes aigris, des politicards de tous bords et des curetons de tous poils (qui ont d’ailleurs réussi à persuader des générations entières de crédules fidèles qu’ils étaient pourris jusqu’à la moelle parce qu’un abruti avait croqué dans une pomme. Allez comprendre…).

Bref, tout un ramassis de parasites qui ont tout intérêt à ce que l’Ordre reste l’Ordre, et que ceux qui les subissent ne se rendent pas soudainement compte que la Liberté, c’est bien plus que les miettes qu’on leur jette à la face d’un air condescendant.

La « nature humaine ». Ben tiens ! L’argument lui même est creux, sous ses dehors philosophico-scientifiques. Comme si la connerie et le pouvoir étaient génétiquement codés ! Non , messieurs dames : la connerie, ça s’apprend, ça se travaille, ça se manipule !

L’être humain, contrairement aux autres animaux -c’est pas du spécisme, je connais des animaux très sympas- est majoritairement déterminé (si l’on excepte ses fonctions strictement biologiques) par ce qu’il apprend. On appelle ça l’acquis. Si !

L’ensemble des marqueurs caractéristiques d’un individu, notamment son comportement en tant qu’ « être social », se constitue à partir de la structure socio-culturelle dans laquelle il évolue depuis sa naissance. Entendons par là la cellule familiale, les proches, l’école, le boulot, le PMU “chez Jean Louis”, bref, le système, en règle générale. Tout ce qui est d’ordre psychologique, moral, comportemental chez un individu est donc à mettre en rapport avec son milieu et pas avec cette prétendue nature humaine qui sert de justificatif aux pourfendeurs de la révolution.

En gros, si les rapports sociaux développés par l’Homme sont souvent basés sur la domination ou la soumission, ce n’est pas le fruit d’un quelconque déterminisme biologique, mais bien le résultat du bourrage de crâne méthodique opéré sur l’individu depuis son plus jeune âge.

Le pouvoir, la hiérarchie, tu les prends dans la gueule ; que ce soit ta famille, ton prof ou ton patron qui te les inculque. Et petit à petit, tu intègres ces valeurs, et tu les appliques.

Si on te répète dix, quinze fois par jour que toute ta vie tu seras un crevard, que tu dois accepter de te laisser marcher sur la gueule par certains et de marcher sur celles des autres afin de mener à bien ta sacro-sainte ascension sociale, tu vas finir par l’accepter comme quelque chose d’à la fois normal et inexorable.

“Et ouais, mon pote, la nature humaine…“

Cette soit disant méchanceté innée, cette épouvantable nature qui réduirait à néant toute volonté de s’organiser de façon horizontale, égalitaire et libertaire n’est en fait que le produit de l’entérinement par l’individu de l’ensemble des “valeurs” pourries qui caractérisent toute structure socio-politique basée sur l’oppression.

Et ça change toute la donne, concernant cette prétendue immuabilité de notre condition, voués à être asservis ou à asservir, car ce que l’on a appris, on peut le désapprendre.

Ca s’appelle la prise de conscience. Mieux qu’une douche froide. C’est pas facile, mais ça marche et ça fait du bien. Lucide. Tu te rends compte qu’il y a du boulot mais aussi qu’il existe des choses biens, simples et justes qui méritent d’être défendues : La solidarité. La liberté. La vie . Pas la vie sous plastique, pleine de notre petit confort de consommateur moyen occidental. Pas les devises illusoires inscrites sur des pièces de monnaies de prétendues démocraties.

Pas la nature humaine. Des choses vraies.

Et ça te donne de la rage, bordel, et du cœur au ventre, plus que tous les fouets du grand Kakapital !

Ca te donne la force de lutter pour qu’arrive le jour du grand soir, inexorablement.


A la sociale !

Satan Bush / 1 koin

 



03.14.07

Du « colonialiste de l’année 2007 »

Posted in Le presse citron at 5:33 am by Azza

 

Palmarès du Premier Grand Prix…

 


Procès Verbal des conditions d’organisation du Prix :

Ce prix a été décerné le 23 février 2007 par un jury citoyen représentatif d’une cinquantaine d’associations militantes de la cause anticoloniale sur la base de nominations proposées par des internautes et des représentants d’associations durant les mois de janvier et de février 2007. Le prix a été longuement discuté de manière transparente avec preuves audiovisuelles à l’appui des défenseurs des nominés.

Il a été ensuite procédé à un vote à bulletins secret à l’Espace l’Harmattan, 21 rue des Ecoles au cours d’un Banquet anticolonial sans boissons alcoolisés mais avec dégustation obligatoire d’un délicieux tagine, agrémenté de thé à la menthe et de gâteaux originaires du Maghreb, et animé par une violoncelliste à caractère irlandaise et une chanteuse tunisienne maniant la cythare.. Le Banquet colonial était présidé par Mesdames Mireille Mendes -France Fanon, Messieurs Olivier LeCour Grand Maison et Monsieur. Rock Wamytan, Sénateur coutumier, fondateur du FLNKS et signataire des Accords de Matignon. Il a été procédé sous contrôle de témoins au dépouillement des urnes qui a donné les résultats suivants :

Résultats validés sous contrôle du Jury Citoyen :

 

Grand prix du Casque colonial d’or : Nicolas Sarkozy

Décerné pour son discours de Toulon sur la mission civilisatrice du colonialisme français, sa chasse aux enfants sans-papiers et l’ensemble de son œuvre législative ( lois liberticides sur la police, la prévention de la délinquance et loi sur l’immigration jetable dîte « choisie ».

 

Prix spécial du Jury Citoyen : Georges Frèches

Décerné pour ses déclarations répétées sur les harkis et les noirs considérés comme des « sous-hommes » et sa gestion clientéliste et paternaliste de Montpellier, de son agglomération et de la Région Languedoc-roussillon :

 

Nominés sans titre :

Jacques Chirac pour sa contribution au système de la Françafrique et ses interventions militaires au Tchad et en Centrafrique

 

Christian Vanheste, député UMP pour sa contribution à la loi sur la colonisation positive et à l’homophobie

 

Prix du Casque Colonial 2007 catégorie « intellectuels à compétences douteuses » : Pascal Bruckner

Décerné pour l’ensemble de son œuvre sur la repentance et le tiers-mondisme

 

Nominés sans titre :

Alain Finkelkraut pour ses déclarations répétées à propos des jeunes issus de l’immigration, des banlieues et des noirs

 

Hélène Carrère d’Encausse pour sa contribution à l’analyse de la révolte des banlieues et de l’islamisation de la société

 

Prix du Casque colonial 2007, catégorie « people en folie » Pascal Sevran

Décerné pour sa brillante analyse de la sexualité des Noirs

 

Nominés sans titre :

Nicolas Sarkozy : plusieurs voix l’ont incluses dans la catégorie people pour son show permanent sur la racaille , le nettoyage au Kärcher et les moutons que l’on égorge dans les appartements. Les représentants du Jury ont mandaté l’association Veto du Val d’Oise pour lui remettre son prix sir la dalle d’Argenteuil

 

Nominés ex-aequo : Marc - Olivier Fogiel, Christine Bravo et Roger Hanin pour des déclarations médiatiques à caractère discriminatoire.

Brigitte Bardot pour son souci permanent de sauver les moutons face aux arabes lors de la fête de l’Aïd ;

 

Prix à titre posthume pour l’ensemble de son œuvre et à l’unanimité du Jury Citoyen à Maurice Papon,

Décerné pour sa collaboration à la déportation des Juifs de France, sa participation directe à la Guerre d’Algérie comme Préfet de Constantine entre 1956 et 1958, et comme Préfet de Police de Paris à partir de 1959 et notamment pour ses hauts faits d’armes ni jugés ni condamnés que furent la programmation et l’exécution de l’assassinat de centaines de travailleurs immigrés algériens le 17 octobre 1961 et d’antifascistes et militant s communistes le 8 février 1962.

Le titre sera remis par les associations de Gennevilliers qui souhaitent que la nouvelle station de métro de cette ville soit dénommé « 17 octobre 1961 » en hommage aux victimes de Papon . Le prix sera décerné par procuration à son avocat pour que dans sa tombe, à côté de sa légion d’honneur repose pour l’immortalité son casque colonial de Salopard du XXème siècle. Nous remercions cependant Maurice Papon d’être décédé la veille de l’inauguration symbolique de la station de Métro 17 octobre 1961. C’est certainement la seule bonne action qu’il ait commis durant son séjour terrestre.

Paris, Le 23 février à 23 h 50


Le collectif de la semaine anticoloniale : Anticolonial.org, Le CRAN, Au nom de la mémoire, MRAP, Mouvement des Indigènes de la République, Cédetim, Survie, FETAF, ACCA, CAAC-Comores, Cedidelp (Centre de Documentation Internationale Pour Le Developpement, Les Libertés, La Paix), Actus Tchad, Unade, Mouvement pour l’Egalité, ZEP, Veto !, Gennevilliers pour tous, L’Yeux Ouverts, Librairie Ishtar, Association Ishtar, Espace, L’Harmattan, OJPD (Tchad), Carrefour International des Arts (Togo), Cedidelp, AIDSPK ( Association d’information, de Défense et de Solidarité avec le Peuple Kanak), Collectif Féministe pour l’Egalité, Radio Soleil, Peuples sans frontières, FTCR, ATMF, COPAF, Espace Frantz, Fanon, Cercle Frantz Fanon, UPG, Organisations des jeunes de l’Afrique, Centrale (Réseau des Acteurs et Partenaires d’appui au Devéloppement de la zone CEMAC), Fraternité Franco-Africaine (FFA), Centre culturel Kurde, IPAM, Fraternité franco-africaine ( toulouse), France Amérique Latine, AFASPA (Association Française de Solidarité avec les Peuples d’Afrique), Droit Devant, Fondation Frantz Fanon, La Plateforme Panafricaine (organisation des diasporas du Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Guinée, Mali, Mauritanie, RDC, Sénégal, Togo), Fédération Frantz Fanon, stop-rallyedakar.com….