05.02.07

Nasurdin.. Ni queue ni tête…

Posted in Dédale, Ex-centrique at 11:44 pm by Azza

         

 

Idiot

Nasrudin va au moulin pour faire moudre son blé. En attendant son tour, il prend des poignées de grains d’autres sacs pour les mettre dans le sien. Le meunier remarque le manège et se met à crier après Nasrudin :

- Qu’est-ce que vous êtes en train de faire ?

- Je suis un idiot, et je fais ce qui me vient à l’esprit, répond Nasrudin.

- Vraiment, rétorqua le meunier. Alors pourquoi ne prenez-vous pas du blé de votre propre sac pour le mettre dans les autres ?

- Voyez-vous, dit Nasrudin calmement, je suis certes un idiot, mais pas à ce point là.

 

Le poid du mensonge

Nasrudin va au marché et y achète trois livres de viande pour faire le kebab de midi. Il demande à sa femme de la faire cuire : ils reçoivent des amis à déjeuner. Arrive l’heure du repas. Point de viande. Elle l’a mangée.
Nasrudin la questionne :

« Qu’est devenue la viande pour le kebab de midi ? »

« Le chat a tout mangé, dit-elle. Trois livres de bonne viande ! »

Nasrudin met le chat sur le plateau de la balance. L’animal pese trois livres.

« Si c’est le chat, dit-il, où est le kebab ? Et si c’est le kebab… où est le chat ? »

 

Question de fierté

Si vous dîtes quelque chose à quelqu’un de manière explicite, cela glissera sur lui et ne sera pas absorbé. Les exercices pratiques sont essentiels. Nasrudin répare le toit de sa maison. Un fakir lui crie, de la rue :

« Eh ! Nasrudin ! Descends ! »

Dès que le Mulla a posé le pied à terre, le fakir lui demande l’aumône.

« Pourquoi ne l’as-tu pas dit quand j’étais là-haut ?

- J’avais honte.

- Ah ! On a sa fierté ! Grimpons sur le toit ! »

Dès qu’ils ont atteint le sommet de la maison, Nasrudin se remet au travail ; puis, se tournant vers le fakir, il lui lance :

« Non, je ne te ferai pas l’aumône ».

 

Commerce équitable

Un pauvre homme passa à côté d’une échoppe où un beau et appétissant shish kebab était en train de rôtir et des keftas délicieux grésillaient dans l’huile en répandant des arômes irrésistibles. Il était trop démuni pour se payer de telles friandises et il n’acheta qu’une tranche de pain chez le boulanger d’en face. En reniflant ces odeurs délicieuses, il mangea son pain et rêva de festins.

Le patron de l’échoppe l’observa et à la fin lui demanda de payer.

« Ton pain a été plus succulent dans l’odeur de mes kebab et de ce fait tu dois payer » dit-il.

Comme l’homme refusait, le patron le tira devant le cadi, qui ce jour-la était notre Hodja.

Nasredine trancha vite: « Les biens dont on a fait usage doivent être payés. Toi, client, donne-moi ta bourse. »

Avec des larmes aux yeux, le pauvre homme lui donna tout ce qu’il lui restait d’argent.

« Maintenant, toi, vendeur, combien coûte une portion de ton kebab ? »
« Cinq aktche, juge.

Le Mullah prit cinq pièces de la petite bourse et appela le marchand à côté de lui. Il fit sonner les pièces dans sa main et demanda :

« Est-ce que tu reconnais le son ? Est-ce que l’argent est bon ? »

« Oui », dit le vendeur.

« Alors tu es payé » dit le Hodja. « Pour l’arôme de la nourriture tu as droit au son de l’argent. »

 

Où est la vérité ?

Le Mulla Nasrudin, perdu dans ses réflexions, descendait la rue du village, lorsque des garnements se mirent à lui jeter des pierres pour l’embêter. L’attaque l’avait pris au dépourvu, et il n’était pas homme à leur en imposer.

« Arrêtez et je vous dirais un secret ! » leur cria-t-il.

- D’accord, dis nous ton secret ! Mais pas de philosophie !

- L’Emir offre un festin à tous ceux qui se présenteront au palais. »

Les garnements s’éloignèrent en courant vers la demeure de l’Emir, tandis que Nasrudin s’animait peu à peu à l’idée des mets raffinés et des plaisirs de la fête… Levant les yeux, il vit les enfants disparaître dans le lointain. Brusquement il releva sa robe de soufi et se mit à courir sur leurs traces.

« Je ferais mieux d’aller voir, dit-il haletant : après tout, c’est peut-être vrai ! »

 

Quoique tu fasses..

Un jour, Hodja et son fils partirent en voyage. Hodja laissa son fils sur l’âne tandis qu’il marchait. Le long de la voie, ils croisent quelques personnes qui dirent :

« Regardez ce jeune garçon sur l’âne alors qu’il est en pleine santé! »

Le garçon laisse alors son père sur l’âne tandis qu’il marche à son côté. Bientôt ils rencontrent un autre groupe.

« Regardez-le pauvre petit garçon doit marcher tandis que son père est sur
l’âne. »

Alors, Hodja monte sur l’âne derrière son fils. Ils rencontrent bientôt un autre groupe de gens, qui dirent :

« Regardez ce pauvre âne! Il doit porter le poids de deux personnes. »

Hodja dit alors à son fils.

« La meilleure chose à faire pour nous est de marcher à côté de l’âne et de le mener.
Ainsi, personne ne pourra se plaindre. »

Ils ont continuèrent donc leur voyage à pied. De nouveau ils rencontrèrent quelques personnes qui dirent :

« Jetez juste un coup d’oeil à ces imbéciles. Ils marchent tous les deux sous ce soleil torride et aucun d’entre eux n’est sur l’âne. »

Exaspéré, Hodja souleva l’âne sur ses épaules et dit :

«Allons, si nous ne le faisons pas, les gens n’arrêteront jamais de parler.»

 

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